Carel Pedre, journaliste exemplaire

N’ayons pas peur des mots : Carel Pedre est un homme exceptionnel. Ce journaliste Haïtien, depuis le 12 janvier, fait montre d’une énergie peu commune pour rendre compte de la situation. Dès les premières minutes du drame, il a témoigné, notamment sur “Twitter”, de ce qui se passait autour de lui. Alors que la catastrophe a pris le monde entier par surprise, et a plongé toutes les rédactions dans la stupeur, Carel Pedre a été l’une des toutes premières voix à se faire entendre. Inlassablement, il a rendu compte minute par minute de ce qui se passait. Il a répondu à des dizaines d’interviews, relayé des messages des Haïtiens eux-mêmes, demandes de signes de vie, urgences, personnes coincées, besoin d’eau, d’information, de médicaments, servant sans relâche, au point de ne dormir qu’un heure en 48 heures.

C’est vrai que dans les premiers jours, la plupart des moyens de communication étant hors service, Carel et sa page Twitter étaient l’un des seuls canaux encore disponibles. L’homme s’exprimant à la fois en anglais et en français, il a répondu aux médias des deux côtés de l’Atlantique. Il a donné à la tragédie une voix, un visage, pour une fois pas ceux des grands reporters à brushing qui d’avions en hôtels de luxe se penchent sur la misère du monde. Vrai homme, vrai journaliste, vrai Haïtien, Carel a été l’incarnation du courage et de la charité en actes, faisant bien son métier, et au-delà.
Il est heureux que des hommes comme Carel existent et soient connus, à l’heure où, en-dessous des articles en ligne sur Haïti, fleurissent malheureusement sur certains sites d’info les commentaires racistes ou défaitistes. Même s’ils sont très vite effacés par les modérateurs, ces commentaires haineux où tout se mélange parlent d’assistanat et de gens incapables de se débrouiller. Eh oui, parallèlement au formidable élan de soutien, qui mobilise les consciences, il y a aussi les lâches, les crétins et les fourbes, qui, derrière leur clavier, profitent de la misère pour déverser leur haine. Carel comme bien d’autres qui resteront anonymes, nous fait découvrir une fois de plus que certains hommes se révèlent, dans les situations extrêmes, capables d’extrême dévouement pour leur prochain. Pensons aussi à ces milliers de héros du quotidien qui, en ce moment même, en Haïti, font honneur à leur peuple et à leur pays. Ceux qui s’occupent des enfants des voisins quand les leurs sont morts. Ceux qui partagent leur eau, leur pain, sans savoir s’ils en auront demain. Les échos de Matthieu 25 me reviennent, il me semble que le Christ leur dit “venez, les bénis de mon Père.” Pour nous, ils resteront certainement anonymes, mais le Père les reconnaît. On ne peut pas les connaître tous, je voulais juste en mettre un en lumière.

A Carel et aux autres : tout simplement, merci.

Florent Masson pour M i s s i o n  C a t h o l i q u e  France-Haiti, mercredi 20 janvier 2010

Wow. It's Quiet Here...

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